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Etude internet – Méthodologie

L’étude a commencé par rassembler les informations techniques de 2,2 milliards de noms de domaine en utilisant des centaines de robots dispersés sur internet. Une politique a été définie par le projet Resonance permettant de ne pas perturber le fonctionnement nominal des DNS: un taux nominal de requêtes à ne pas dépasser a été mis en place. ***Sur 2,2 milliards de domaines requêtés, 1,5 milliard ont répondu avec des enregistrements TXT.


Trouver des vulnérabilités DNS a été relativement simple, la plateforme de scan NVADR étant équipée d’un composant permettant d’analyser les problèmes liés aux DNS. Ce composant a ensuite été utilisé à partir des enregistrements TXT trouvés, ce qui a permis d’établir des statistiques. 2,2 milliard de domaines requétés pour l’étude

Résultats de l’étude… Sur 1,5 milliard de domaines ayant retourné des champs TXT, environ 32% des domaines possèdent un enregistrement SPF. Des statistiques pour les domaines qui possèdent des enregistrement DKIM, DMARC et plus de 2 niveaux de protection sont illustrés dans le diagramme de Venn suivant. Seuls 2988 domaines ont à la foi des enregistrements SPF, DKIM et DMARC correctement instanciés…

Diagramme de VENN disponible sur le site de l’étude de https://redhuntlabs.com/blog/internet-wide-study-state-of-spf-dkim-and-dmarc.html

Statistiques sur les erreurs de configuration rencontrées pendant l’étude

SPF est la première ligne de défense contre l’usurpation (spoofing) de domaines

Plus de 68% des domaines n’avaient pas d’enregistrement SPF… Ce qui signifie qu’il n’existe pas de moyen de déterminer si un email reçu depuis ces domaines est légitime ou non… Parmi les domaines ayant implémenté SPF:

Les enregistrements DKIM permettent qu’un email ne soit pas altéré entre l’émetteur et son destinataire.

Le standard DKIM a été introduit il y a maintenant 15 ans. Seulement 0.04% des 1,5 milliards de domaine de cette étude implémentent DKIM ! Parmi les domaines présentant un enregistrement DKIM, 7% le font avec une syntaxe incorrecte, alors que -et c’est surprenant- tous les domaines possédaient une clef valide. Ces chiffres sont préoccupants et il semblerait que beaucoup de travail et de sensibilisation soient nécessaires pour améliorer l’usage de cette bonne pratique de sécurité.

Le premier draft de DMARC a été publié il y a 9 ans!

Mais on peut faire le même constat que pour DKIM, très peu de domaines possèdent un enregistrement DMARC: Seulement ~0.036% des 2,2 milliards de domaines testés dans le acdre de cette étude possèdent un enregistrement DMARC… Parmi les domaines implémentant DMARC:

Bonnes pratiques

Si votre domaine n’émet pas de mails

Vous possédez peut-être plusieurs noms de domaine, dont certains n’ont pas de boîte mail attachée. La première étape sera pour vous de configurer vos enregistrements DNS pour complètement désactiver les mails sur ces domaines. Vous pouvez le faire avec l’enregistrement SPF suivant dans votre zone DNS: v=SPF1 -all Si un mail est envoyé avec votre domaine, le serveur du destinataire recevant ce mail (forcément) frauduleux le rejettera.

Bonnes pratiques

Domaine émetteur de mails

Vous devez configurer correctement vos enregistrements SPF, DMARC, et DKIM dans votre zone DNS et gérer vos clefs DKIM sur vos serveurs en émission de mails.

Afin de constituer votre enregistrement SPF, vous devez d’abord connaître:

Générez une clef de domaine et ajoutez votre clef publique dans votre enregistrement DNS comme suit: v=DKIM1; p=your-cery-long-key-here; Une fois l’enregistrement DKIM en place, vous pouvez démarrer le service de signature de mail de votre serveur, Vous pouvez également ajouter le drapeau t=y pour signaler aux destinataires de vos emails que vous êtes en train de tester votre implémentation de DKIM.

En premier lieu, vérifiez bien que vos enregistrements SPF et DKIM sont corrects. Poursuivez ensuite sur votre enregistrement DMAC comme suite:

v=DMARC1; p=reject; rua=mailto:dmarc-reports@example.com;

Avec “dmarc-reports@example.com” l’adresse mail sur laquelle vous souhaitez recevoir des rapports relatifs à DMARC.

Selon votre politique, vous pouvez indiquer “p=quarantine” au lieu de “p=reject” ce qui aura pour effet de marquer les mails non vérifiés comme du spam spam plutôt que de demander au destinataire de rejeter tous les mails.

Si vous souhaitez activer DMARC pour vos sous-domaines également, ajoutez “sp=reject” ou “sp=quarantine” à votre enregistrement. En complément de ces mesures, il est primordial que vos configurations soient régulièrement auditées, idéalement tous les jours, à minima une fois pas semaine. Et que vous preniez le temps de monitorer les rapports qui vous seront envoyés sur l’adresse de contact déclarée dans votre politique DMARC.

En conclusion

La cybersécurité ne s’arrête pas à des problèmes techniques. Des études menées par des organismes comme Verizon suggèrent que les attaques majeures réussies sont tout d’abord dirigées vers les personnes permettant ainsi de deviner des secrets, de piéger les gens avec du phishing, ainsi que d’autres attaques de type “social engineering”. Bien qu’il y aie eu des efforts très significatifs dans la sensibilisation des employés, certaines attaquent passent outre les bonnes pratiques comme celle qui consiste à “vérifier l’expéditeur d’un email” et restent problématiques. Si un email usurpé ne semble pas suspicieux par son contenu lui-même, le seul moyen de savoir s’il est légitime peut être technique. Certaines fois on peut réussir à déterminer l’origine frauduleuse en requêtant un DNS et le champs A du domaine expéditeur pour le rapprocher de l’IP trouvée dans les metadata du mail. Répéter cette action pour chaque email reçu n’est pas pratique (voire impossible). C’est pourquoi nous vous conseillons d’implémenter correctement vos enregistrements SPF, DKIM, et DMARC. Ils serviront à protéger vos employés et vos clients.

ANSSI: “protection contre les courriels illégitimes”

L’ANSSI a élaboré en 2015 une charte signée par les pincipaux FAI français sur la sécurité des services de courriers électroniques. Au delà de la protection du courriel, l’ANSSI propose des éléments concrets de sécurisation de vos systèmes à travers un guide sur l’interconnxion des systèmes d’information. Le paragraphe 5.4 de la version 3 de 2020 “Protection contre les courriels illégitimes”, en plus de préciser comment mettre en oeuvre SPF, DKIM et DMARC, préconise la mise en oeuvre de DNSSEC. Découvrir le guide ANSSI